Je tiens d’abord à réitérer mes chaleureux remerciements à mon formateur Nicolas Sledziona, bras droit de Sébastien Vincent, qui en plus de ses compétences a le bon goût d’être bellâtre, pour la gentillesse de son accueil et ses judicieux conseils. Bref, mon stage..
Voici donc un petit compte rendu de ces quelques jours passionnants à tout les niveaux, je ne rendrai évidemment compte que de la partie cordeau (pour le reste, me consulter).
Donc le cordeau, technique le plus souvent rencontrée du nord de la France à la Belgique, inventée par les charretiers des grandes exploitations devant mener de grandes attelées en travail agricole, sur de grandes parcelles.
Les régions de petites structures familiales, préférant développer des chevaux type bidets à tout faire, sont souvent restées aux guides, les surfaces cultivées dans ce type d’exploitations ne nécessitant pas autant de chevaux, les charretiers pouvaient rester aux guides sans problèmes.
La technique du cordeau repose sur l’utilisation de la voix et une relation charretier/cheval nécessairement plus développée qu’aux guides. L’enrênement spécifique est constitué de la courroie, sorte de rêne d’un seul tenant passant dans l’anneau gauche du collier et au dessus du collier picard ou belge (dont les attelles sont reliées au-dessus). De telle façon la courroie est décentrée, ce qui facilite la compréhension de l’ordre de tourner à gauche (dans certains cas, la courroie ne passe que sur le dessus du collier). Sur la courroie vient s’enfiler un anneau auquel est fixé le cordeau. Celui ci peut être de longueur et de diamètre variable, même si on voit souvent des cordeau de petit diamètre, environ 6 mm.
Le principe de menage consiste à demander la gauche d’une tension continue (le décentrage de la courroie facilitant la compréhension de cette indication), la droite s’obtient par des à-coups sur le mors. L’arrêt et le démarrage se font à la voix. On dose le tournant en jouant de la voix et de la main, il est possible d’obtenir un demi tour sur place ou une large courbe de manière précise.
Le mors est droit, d’une pièce. Les mors brisés et les branches mobiles, en pivotant ôteraient la précision des ordres et gêneraient la compréhension du cheval (du fait par exemple du décentrage de la courroie). Les branches (donc fixes) peuvent être plus ou moins longues (généralement 15 cm) le mors est assorti d’une gourmette. Ce mors assez dur accompagne la parole du charretier, qui n’agit pas intempestivement sur la bouche. Le cheval dressé obéit plus volontiers à la voix, il a de fait tendance à être calme et disponible, et n’attrape pas la bouche dure liée à la mauvaise utilisation d’un mors sévère.
L’avantage principal de cette technique est évidemment la mobilisation d’une seule main pour mener un ou plusieurs chevaux. Technique réservée au travail agricole ou forestier, le cheval est au pas. Dans cette mesure il est également possible d’atteler des tombereaux ou autres charrettes au cordeau. Un autre avantage est l’importance de la voix, qui renforce la relation homme/cheval. Il va sans dire que plus le cheval est utilisé, meilleur il devient.
En attelage agricole, on peut atteler un grand nombre de chevaux et ne tenir qu’un cordeau, celui du cheval de laignée, de main ou de tête selon les régions, et qui est le cheval le plus à gauche. Les autres chevaux, les « sous verches » sont au « faux cordeau ». Le cordeau est attaché au « trapsier » (mot autochtone qui veut dire palonnier), la légère tension du cordeau étant réglée par rapport aux traits. Les sous-verches sont liés au cheval de laigné par des alliances. Ils sont attachés 20 cm en arrière du cheval de gauche, qui peut ainsi les pousser lors des tournants à droite.
Pour les travaux forestiers type débardage, et les situations particulières telles que les concours, chaque cheval a son cordeau, même en paire, pour encore plus de précision.

Pour finir, quelques ordres de différentes régions pour se donner des idées..
Gauche- Droite
Sou- Iha (bretons)
De-Huto (nord)
Dia – Huho (Oise)
Ieu-Ach (belge)
Icht-Hot (nous)
et quelques mots exotiques; « enraquer, tignons, tcho et tchote, trapsier, el cheval, du brun…. »








